Jours 9 (et demi), 10 & 11

J9 et demi 20/04

Finalement on ne peux pas rester camper à Warner Spring. Je recroise Jordan un autre Français. Il m’explique qu’il est possible de poser les tentes à l’entrée du village, à proximité de la route ou de continuer un peu sur le trail. On décide de continuer sur le trail.   Il part devant. Je traverse une immense prairie au couché de soleil. C’est encore magnifique et ça change des cactus. Le seul bémol c’est qu’il y a un troupeau de vaches au milieu du chemin. Certaines ne sont pas super contente d’être dérangée. J’ai envoyé un serpent dans un ravin, c’est pas une vache qui va me faire peur! Un peu plus loin, j’aperçois Jordan qui monte ça tente sur un promontoire…au milieu de la prairie des vaches. Je n’ai pas dutout envie de me retrouver avec une vache dans ma tente. Je décide de continuer.

Prairie des vaches

Elles ont quand-même un sacré spot ces vaches!

Couché de soleil sur la prairie

Le chemin longe une rivière. C’est très boueux, voir carrément la patogoire. Il y a de grands arbres feuillus et de l’herbe bien verte. Je retrouve la famille avec les deux enfants. Ils ont monté leurs deux tentes à côté d’une table de pic-nic. C’est un terrain privé, mais tant pis. Je m’installe avec eux. Mon rechaud me lache. La valve ne fonctionne plus. Le gaz sort de tous les côtés. Et merde! Je trouvais ça bizarre d’avoir vidé une bouteille en une semaine. Ça devait fuire la nuit. J’emprunte celui de mes colloques et j’en commande un nouveau que j’espère recevoir dans quelques jours à Paradise Valley. Le PCT, c’est de la marche mais aussi de la logistique!

Emplacement de camping n1
Emplacement de camping n2

J10 21/04

Il y a une bête qui a tourné autour de ma tente pendant une bonne partie de la nuit. Je pensais que c’était quelque chose d’assez gros, comme une biche par exemple. Au réveil, j’entends toujours ce bruit de « fouillage » dans les feuilles mortes. C’était juste un écureuil… il a tout retourné autour de ma tente.

La famille part avant moi (après m’avoir prêté un rechaud pour mon café). Les enfants grognent un peu ce matin. Le chemin longe un ruisseau qu’il faudra traverser plusieurs fois. Je me débrouille toujours pour passer sans mettre les pieds dans l’eau. Je marche en chaussures de randonnée (contrairement aux autres qui marchent en trail runners) et ça ne sèche pas rapidement. Ensuite, ça commence de monter sérieusement, et ça montera toute la journée et en plein soleil. En milieu d’après-midi, j’arrive à un point d’eau. Il n’est pas tout à fait sur le tracé mais je suis à sec. C’est à l’ombre et il y a plein d’oiseaux. Le « red pigeon » qui se laisse tirer le portrait facilement, « l’oiseau bleu avec un cri horrible », que je n’ai pas encore réussi à prendre en photo car trop rapide. Un pic noir et un couple de Martin pêcheurs, bien trop vifent pour moi. J’en profite pour faire une petite sieste avant de repartir.

Le red pigeon

En fin d’après-midi, ça redevient relativement plat. Je traverse un endroit parsemé de gros blocs de roche rose. C’est assez jolie sous la lumière du soir.

Les rochers roses

Je ne voulais pas trop pousser aujourd’hui, mais je ne trouve pas de spot « acceptable » pour monter ma tente. En plus, je voudrais ne pas être tous seul, sinon je vais devoir manger froid. Donc je continu. Il y a un ranch un peu plus loin. Le propriétaire (Mike) accepte que les randonneurs y campent. Ça s’appelle Mike’s place. J’aurais le droit au coucher de soleil avant d’arriver.

Fin de journée

A mon grand étonnement, j’arrive dans un truc qui ressemble plus à une dechetterie qu’à un ranch. C’est un merdier, il y en a partout! Entre les machines de musculation rouillées, les granges effondrées et les carcasses de voitures, je ne sais pas où donner de la tête. Il faut surtout regarder où on met les pieds.

On m’explique que Mike n’est pas là. Il y a déjà une dizaine de tentes plantées dans le jardin, je m’installe. Je ne connais personne mais je me joins au groupe qui mange sous le préau de la maison. J’emprunte un réchaud à « Rasco », une petite américaine qui a le visage recouvert de crème solaire. Je l’avais déjà croisé plusieurs fois mais on n’avais jamais discuté. On est rejoint un peu plus tard par un couple que j’ai doublé dans la montée. Tout le monde à l’air complètement crevé. Moi ça va. J’ai l’habitude des gros dénivelés. Ici les pentes sont relativement douces contrairement à nos chemins dans les Alpes ou les Pyrénées. Bon, on a quand-même fait 27km avec 1000m de d+ alors c’est pas ridicule de finir épuisé.

J11 22/04

Finalement, je n’était pas tout à fait arrivé en haut. Ça monte encore et il fait super chaud. Arrivé au col, la vue est dégagée sur les montagnes du mont Jacinto. Il y a de la neige en haut. Il faudra passer par là dans quelques jours. Ça reviens beaucoup dans les discussions. « Tu vas essayer de passer? ». Normalement il n’y a plus de neige en cette saison. Mais « it’s a special year ».

Les Monts Saint Jacinto

Ça y est, ça descend. Mais pourquoi il fait chaud comme ça ? Il n’y a pas de vent, et ça cogne sérieusement. Il n’y a pas d’eau non plus… Je prends mon temps. Il me reste 3 litres d’eau dans mon sac. J’ai du mal à faire plus d’un km sans devoir m’arrêter 5 min à l’ombre pour boire un coup. Vers 4h, j’arrive à une intersection. Il est sensé y avoir un tank un peu plus bas. Je descend avec mon sac. Il y a une énorme cuve en béton caché entre la végétation sur la droite du chemin. Sur la gauche, une espèce de bouche incendie pour les pompiers. Tout le monde s’est donné rendez-vous ici, ça bouchonne. On est vraiment en train de boire l’eau des pompiers ? Tout le monde s’arrête pour boire un ou deux litres et en charger 3 ou 4 autres. J’espère qu’il n’y aura pas d’incendie cet été, les thru-hikers auront tout bu.

Je repars avec mes 4 litres. C’est lourd et je suis crevé. Je retrouve Kalob, que j’ai rencontré les premiers jours. Il est avec un couple de Canadiens. Ils décident de rester dormir ici… alors moi aussi. J’ai seulement fait 15km aujourd’hui mais ils sont sympa et ils ont des réchauds :). Non, sérieusement la journée à été éprouvante et je préfère rester à proximité du point d’eau pour en avoir demain matin si besoin.

Bonne nuit

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