Jours 66 16/06
Je pars un peu plus tôt aujourd’hui, vers 5h30, pour profiter de la neige dure. Il faut finir de redescendre sur ce versant pour remonter de l’autre côté.
L’objectif de la journée est d’arriver au camp de base du mont withney pour pouvoir tenter l’assencion dans la nuit. Je ne veut pas arriver trop tard pour avoir du temps pour me reposer avant.
La descente se fait dans la neige. D’abord tranquillement dans une espèce de plaine puis plus brutalement. Phil et Laura sont partis avant moi.

Arrivé en bas, il y a un torrent qu’il va falloir traverser. Je n’étais pas préparé à ça ce matin. Les commentaires laissés par d’autres randonneurs sur l’appli, indiquent qu’il y a un arbre en travers en aval qui permet de passer par dessus. Je commence de descendre mais un randonneur de l’autre côté me fait signe de remonter vers l’amont. Je suis son conseil. J’aperçois au loin Phil et Laura en train de traverser sur un rondin de bois au dessus de l’eau. Ils n’ont pas l’air à l’aise. J’attends qu’ils soient de l’autre côté pour me manifester. Je ne veut pas les surprendre. Puis c’est à mon tour. Je ne suis pas rassuré mais finalement ça passe.

Laura est congelée. Ils m’expliquent qu’ils ont essayé de traverser à pieds avant de trouver le rondin. Je suis un peu inquiet. Elle se change, se met au soleil et après quelques minutes ça va mieux. Je suis rassuré et repars dans la prairie avant d’attaquer la montée.

La montée est épuisante. Il faut passer un petit col. Sur le papier, rien d’extraordinaire mais tout est enneigé (de neige molle) et la pente est raide. Il n’y a pas vraiment de route officielle. Je monte avec 2 américains. On part une fois trop sur la droite, puis une fois trop sur la gauche et enfin on arrive au sommet. Je ne reste pas longtemps avant de repartir, il faut redescendre puis remonter jusqu’au camp de base.

Je passe une deuxième rivière. Cette fois il n’y a pas trop de courant et elle est peu profonde. Donc je traverse en sandales. Elle est sacrément froide.

J’arrive vers 3h au campement. Je retrouve 3 autres randonneurs qui sont partis de Kennedy Meadows le même jour que moi. Ils ont un jour d’avance sur moi et viennent de redescendre de Withney. Ils ont l’air épuisé.
Je me couche à 5h et régle mon réveil à 11h45…
Il faut faire l’assencion de nuit pour 2 raisons. 1 la neige regele la nuit donc il est plus facile d’avancer. 2 pour assister au lever de soleil depuis le sommet !
Jours 67 17/06 assencion du mont Whitney
Je pars à 1h15 après avoir pris un gros petit-déjeuner. J’avais préparé mon sac la veille avec uniquement le nécessaire : mon matelas en mousse, ma trousse de secours, mon sac de couchage, tout mes vêtements chaud et de quoi manger pour 2 jours (on sait jamais). Je laisse ma tente au sol avec le reste de mes affaires dedans (elle tient avec mes bâtons de marche mais j’en aurais besoin).
La marche d’approche est assez compliquée, surtout parce qu’on y voit rien du tout. Je zigzag entre les arbre à la lueur de ma lampe frontale. La trace n’est pas nette et je dois me servir du GPS pour rester dans la bonne direction. Je sors de la forêt et me retrouve au milieu de ce qui ressemble à des dunes de neige. La trace devient plus nette, j’accélère la cadence. Je distingue les lampes frontales des membres d’autres groupes devant moi.

À 3 reprises, mon crampon gauche se detache de ma chaussure. J’ai dû mal le régler mais les fixations sont gelées et je ne peut rien faire pour arranger ça. Tant pis, je continue avec un seul des 2…
J’arrive à un premier lacet. L’assencion commence. Je rattrape un groupe et les dépasse. Je me trompe de chemin et commence de monter tout droit dans la pente avant de me rendre compte de ma bêtise. Je redescend en marche arrière et me retrouve derrière le groupe que je venais de doubler. Finalement c’est pas plus mal d’avoir des gens qui ouvre la voie. Ils n’avancent pas, alors je repasse devant. Je n’ai aucune idée d’où j’en suis et je me contente de suivre les traces de pas dans la neige. Piolet à la main, j’avance péniblement. Je finis par arriver sur un lacet sans neige.
Le jour se lève, je suis en retard sur le timing. Je découvre le paysage aux alentours et c’est sacrément impressionant.

Arrivé en haut des lacets, le chemin suit une corniche jusqu’au sommet. Le soleil se lève, les couleurs changent.



Le chemin sur la corniche n’en finit pas. Je découvre qu’il y a une dernière montée dans la neige tout au bout. Je commence de croiser des groupes qui redescendent et qui ne sont pas avarre d’encouragement.
Un dernier effort dans la neige, sur une pente pas loin de la verticale, et c’est le sommet!

J’ai raté le levé de soleil mais le spectacle reste incomparable…Le toit des États-Unis!



La redescente sera longue et pénible. Maintenant que le jour est levé, je découvre à quelle point les pentes sont raides et j’ai plus peur que pour la montée dans le noir. Je prends mon temps, fais des pauses et tient fermement mon piolet!


J’arrive enfin en bas des lacets, ouff! Maintenant il faut redescendre jusqu’au camp de base. La neige font donc j’avance péniblement. Je suis épuisé. Le point positif est que je découvre le paysage que je n’ai pas vu en montant. Je retrouve ma tente en début d’après-midi et je ne mets pas longtemps avant d’aller me coucher.

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